Cours Laravel 6 – les bases – installation et organisation

Dans ce chapitre nous allons voir comment créer une application Laravel et comment le code est organisé dans une application.

Pour utiliser Laravel et suivre ce chapitre et l’ensemble du cours vous aurez besoin d’un serveur équipé de PHP avec au minimum la version 7.1.2 et aussi de MySQL. Nous avons vu dans le précédent chapitre les différentes possibilités. D’autre part plusieurs extensions de PHP doivent être activées.

Créer une application Laravel

Le serveur

Pour fonctionner correctement, Laravel a besoin de PHP :

  • Version >= 7.2.0,
  • Extension PDO,
  • Extension Mbstring,
  • Extension OpenSSL,
  • Extension Tokenizer,
  • Extension XML.‌,
  • Extension BCMath,
  • Extension Ctype,
  • Extension JSON

Laravel est équipé d’un serveur sommaire pour le développement qui se lance avec cette commande :

php artisan serve

On y accède à cette adresse : http://localhost:8000. Mais évidemment pour que ça fonctionne il faut que vous ayez PHP installé.

Prérequis

Composer fonctionne en ligne de commande. Vous avez donc besoin de la console (nommée Terminal ou Konsole sur OS X et Linux). Les utilisateurs de Linux sont très certainement habitués à l’utilisation de la console mais il en est généralement pas de même pour les adeptes de Windows. Pour trouver la console sur ce système il faut chercher l’invite de commande :


Si vous utilisez Laragon, comme je vous le conseille, vous avez une console améliorée (Cmder) accessible avec ce bouton.

Si vous utiliser Visual Studio Code vous pouvez ouvrir directement un terminal (et même plusieurs) durectement dans une fenêtre de l’éditeur :

Installation avec composer

Il y a plusieurs façons de créer une application Laravel. La plus classique consiste à utiliser la commande create-project de composer. Par exemple je veux créer une application dans un dossier laravel6 à la racine de mon serveur, voici la syntaxe à utiliser :

composer create-project --prefer-dist laravel/laravel laravel6

L’installation démarre et je n’ai plus qu’à attendre quelques minutes pour que composer fasse son travail jusqu’au bout. Vous verrez s’afficher une liste de téléchargements. Au final on se retrouve avec cette architecture :


On peux vérifier que tout fonctionne bien avec l’URL http://localhost/laravel6/public. Normalement on doit obtenir cette page très épurée :

Pour les mises à jour ultérieures il suffit encore d’utiliser composer avec la commande update :

composer update

Installation avec Laravel Installer

Une autre solution pour installer Laravel consiste à utiliser l’installeur. Il faut commencer par installer globalement l’installeur avec composer :

composer global require "laravel/installer"

Il faut ensuite informer la variable d’environnement path de l’emplacement du dossier …/composer/vendor/bin.

Pour créer une application il suffit de taper :

laravel new monappli

Laravel sera alors installé dans le dossier monappli.

Installation avec Laragon

Une façon encore plus simple pour installer Laravel est d’utiliser Laragon avec le menu :

On vous demande alors le nom du projet (donc du dossier) :

Et ensuite vous n’avez plus qu’à attendre ! La console s’ouvre et vous pouvez suivre le déroulement des opérations. On vous rappelle la commande de composer et en plus une base de données et automatiquement créée avec le même nom !

Vous avez alors accès directement à l’application avec laravel6.oo.

Si vous installez Laravel en téléchargeant directement les fichiers sur Github et en utilisant la commande composer install il vous faut effectuer deux actions complémentaires. En effet dans ce cas il ne sera pas automatiquement créé de clé de sécurité et vous allez tomber sur une erreur au lancement. Il faut donc la créer avec la commande php artisan key:generate. D’autre part vous aurez à la racine le fichier .env.example que vous devrez renommer en .env (ou en faire une copie) pour que la configuration fonctionne.

Autorisations

Au niveau des dossiers de Laravel, les seuls qui ont besoin de droits d’écriture par le serveur sont storage (et ses sous-dossiers), et bootstrap/cache.

Des URL propres

Pour un serveur Apache il est prévu dans le dossier public un fichier .htaccess avec ce code :

<IfModule mod_rewrite.c>
    <IfModule mod_negotiation.c>
        Options -MultiViews -Indexes
    </IfModule>

    RewriteEngine On

    # Handle Authorization Header
    RewriteCond %{HTTP:Authorization} .
    RewriteRule .* - [E=HTTP_AUTHORIZATION:%{HTTP:Authorization}]

    # Redirect Trailing Slashes If Not A Folder...
    RewriteCond %{REQUEST_FILENAME} !-d
    RewriteCond %{REQUEST_URI} (.+)/$
    RewriteRule ^ %1 [L,R=301]

    # Handle Front Controller...
    RewriteCond %{REQUEST_FILENAME} !-d
    RewriteCond %{REQUEST_FILENAME} !-f
    RewriteRule ^ index.php [L]
</IfModule>

Le but est essentiellement d’éviter d’avoir index.php dans l’url. Mais pour que ça fonctionne il faut activer le module mod_rewrite.

Avec NGinx il faut ajouter ça dans la configuration du site :

location / {
    try_files $uri $uri/ /index.php?$query_string;
}

Organisation de Laravel

Maintenant qu’on a un Laravel tout neuf et qui fonctionne voyons un peu ce qu’il contient…

Dossier app

Ce dossier contient les éléments essentiels de l’application :

  • Console : toutes les commandes en mode console,
  • Http : tout ce qui concerne la communication : contrôleurs, middlewares (il y a 7 middlewares de base qui servent à filtrer les requêtes HTTP) et le kernel,
  • Providers : tous les fournisseurs de services (providers), il y en a déjà 5 au départ. Les providers servent à initialiser les composants.
  • User : un modèle qui concerne les utilisateurs pour la base de données.

Évidemment tout cela doit vous paraître assez nébuleux pour le moment mais nous verrons en détail ces éléments au fil du cours. Et on verra d’ailleurs que seront créés bien d’autres dossiers selon nos besoins.

Autres dossiers

Voici une description du contenu des autres dossiers :

  • bootstrap : scripts d’initialisation de Laravel pour le chargement automatique des classes, la fixation de l’environnement et des chemins, et pour le démarrage de l’application,
  • public : tout ce qui doit apparaître dans le dossier public du site : images, CSS, scripts…
  • config : toutes les configurations : application, authentification, cache, base de données, espaces de noms, emails, systèmes de fichier, session…
  • database : migrations et populations,
  • resources : vues, fichiers de langage et assets (par exemple les fichiers Sass),
  • routes : la gestion des urls d’entrée de l’application,
  • storage : données temporaires de l’application : vues compilées, caches, clés de session…
  • tests : fichiers de tests unitaires,
  • vendor : tous les composants de Laravel et de ses dépendances (créé par composer).

Fichiers de la racine

Il y a un certain nombre de fichiers dans la racine dont voici les principaux :

  • artisan : outil en ligne de Laravel pour des tâches de gestion,
  • composer.json : fichier de référence de composer,
  • package.json : fichier de référence de npm pour les assets,
  • phpunit.xml : fichier de configuration de phpunit (pour les tests unitaires),
  • .env : fichier pour spécifier l’environnement d’exécution.

Nous verrons tout cela progressivement dans le cours, ne vous inquiétez pas !

Accessibilité

Pour des raisons de sécurité sur le serveur seul le dossier public doit être accessible :

Cette configuration n’est pas toujours possible sur un serveur mutualisé, il faut alors modifier un peu Laravel pour que ça fonctionne; j’en parlerai dans le chapitre sur le déploiement.

Environnement et messages d’erreur

Par défaut lorsque vous installez Laravel, celui-ci est en mode « debug » et vous aurez une description précise de toutes les erreurs. Par exemple ouvrez le fichier routes/web.php et changez ainsi le code :

Route::post('/', function () {
    return view('welcome');
});

Ouvrez l’url de base, vous obtenez une page d’erreur avec en particulier cette information :

Avec la version 6 Laravel change de système d’affichage des erreurs et a fait le choix d’Ignition qui est bien plus élaboré que le précédent. Par exemple il nous informe que notre base de données est mal renseignée :

Ce qui est effectivement le cas comme nous le verrons bientôt.

Pendant la phase de développement on a besoin d’obtenir des messages explicites pour traquer les erreurs inévitables que nous allons faire. En mode « production » il faudra changer ce mode, pour cela ouvrez le fichier config/app.php et trouvez cette ligne :

'debug' => env('APP_DEBUG', false),

Autrement dit on va chercher la valeur dans l’environnement, mais où peut-on le trouver ? Regardez à la racine des dossiers, vous y trouvez le fichier .env avec ce contenu

APP_NAME=Laravel
APP_ENV=local
APP_KEY=base64:1KWREr1t3kmRTWq/dxD7SKgMQUtdvjleOdRxQ0COVSQ=
APP_DEBUG=true
APP_URL=http://localhost

LOG_CHANNEL=stack

DB_CONNECTION=mysql
DB_HOST=127.0.0.1
DB_PORT=3306
DB_DATABASE=laravel
DB_USERNAME=root
DB_PASSWORD=

BROADCAST_DRIVER=log
CACHE_DRIVER=file
QUEUE_CONNECTION=sync
SESSION_DRIVER=file
SESSION_LIFETIME=120

REDIS_HOST=127.0.0.1
REDIS_PASSWORD=null
REDIS_PORT=6379

MAIL_DRIVER=smtp
MAIL_HOST=smtp.mailtrap.io
MAIL_PORT=2525
MAIL_USERNAME=null
MAIL_PASSWORD=null
MAIL_ENCRYPTION=null

AWS_ACCESS_KEY_ID=
AWS_SECRET_ACCESS_KEY=
AWS_DEFAULT_REGION=us-east-1
AWS_BUCKET=

PUSHER_APP_ID=
PUSHER_APP_KEY=
PUSHER_APP_SECRET=
PUSHER_APP_CLUSTER=mt1

MIX_PUSHER_APP_KEY="${PUSHER_APP_KEY}"
MIX_PUSHER_APP_CLUSTER="${PUSHER_APP_CLUSTER}"

Vous remarquez que dans ce fichier la variable APP_DEBUG a la valeur true. On va la conserver ainsi puisqu’on veut être en mode « debug ». Vous êtes ainsi en mode débogage avec affichage de messages d’erreur détaillés. Si vous la mettez à false (ou si vous la supprimez), avec une URL non prévue vous obtenez maintenant juste :

Il ne faudra évidemment pas laisser la valeur true lors d’une mise en production ! On en reparlera lorsqu’on verra la gestion de l’environnement. Vous ne risquerez ainsi plus d’oublier de changer cette valeur parce que Laravel saura si vous êtes sur votre serveur de développement ou sur celui de production.

D’autre part il y a un fichier qui collecte les erreurs (Log), il n’existe pas à l’installation mais se crée à la première erreur signalée. Alors on va en créer une. Toujours dans le fichier routes/web.php modifiez ainsi le code :

Route::get('/', function () {
    return view('welcofme');
});

On a changé le nom de la vue, du coup elle n’existe pas (on parlera plus tard des vues évidemment). Maintenant un fichier de Log a été créé ici :

On peut y lire :

[2019-08-28 12:32:47] local.ERROR: View [welcofme] not found. {"exception":"[object] (InvalidArgumentException(code: 0): View [welcofme] not found. at E:\\laragon\\www\\laravel6\\vendor\\laravel\\framework\\src\\Illuminate\\View\\FileViewFinder.php:137)

Par défaut il n’y a qu’un fichier mais si vous préférez avoir un fichier par jour par exemple il suffit d’ajouter cette ligne dans le fichier .env :

APP_LOG=daily

De la même manière par défaut Laravel stocke toutes les erreurs. C’est pratique dans la phase de développement mais en production vous pouvez limiter le niveau de sévérité des erreurs retenues (mode debug), par exemple si vous vous contentez des warning :

APP_LOG_LEVEL=warning

La valeur de APP_KEY qui sécurise les informations est automatiquement générée lors de l’installation avec create-project.

En résumé

  • Pour son installation et sa mise à jour Laravel utilise le gestionnaire de dépendances composer.
  • La création d’une application Laravel se fait à partir de la console avec une simple ligne de commande.
  • Laravel est organisé en plusieurs dossiers.
  • Le dossier public est le seul qui doit être accessible pour le client.
  • L’environnement est fixé à l’aide du fichier .env.
  • Par défaut Laravel est en mode « debug » avec affichage de toutes les erreurs.
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2 commentaires sur “Cours Laravel 6 – les bases – installation et organisation

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